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Dominique Dufaut a rencontré Bruno Berberes

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"A Moscou, c'était une production digne d'une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques !"

Bruno Berberes

C'est sa 9e année à la tête de la délégation française. A Oslo, Bruno Berberes dirigera l'équipe en charge de représenter France 3 et le pays, avec un artiste ("un", "une", "des" ?) qui n'est pas encore choisi mais qui le sera sans doute bientôt. Souvenons-nous que l'information sur l'engagement de Patricia Kaas avait été donnée fin janvier 2009. Bruno Berberes fait le point avec nous sur cette nouvelle quête, ainsi que sur l'évolution du concours Eurovision de la Chanson.

La recherche du représentant français au concours d’Oslo a-t-elle déjà commencé ?

Oui, elle a quasiment commencé dès le lendemain du concours de Moscou. France Télévisions souhaite poursuivre la stratégie entamée avec les Fatals Picards, puis Sébastien Tellier et Patricia Kaas. On monte en pression ! Je remercie d'ailleurs ces artistes car ils ont contribué à dépoussiérer l'image du concours. Je ne dis pas que le concours était poussiéreux, mais son image en France l'était.

Tu sens donc que cette image a beaucoup changé ?

Evidemment. Aujourd'hui, quand on parle d'Eurovision dans le métier, ce n'est plus ringard. Les arguments sont convaincants : c'est 130 millions de spectateurs. C'est aussi la seule émission de prime-time en France où l'on peut encore chanter son succès du moment, une chanson nouvelle que l'on souhaite promouvoir et pas un succès d'il y a 2 ans ou 10 ans, que l'on vient interpréter dans une émission de souvenirs ! Et puis il y a la réussite de l'audimat 2009 qui marque les esprits. En dehors des Enfoirés, l'Eurovision s'impose comme la plus grosse émission de variétés. Enfin, cette année, le show offert par la télévision russe était tellement énorme que les professionnels en ont pris plein la vue. C'était une production digne d'une ouverture des Jeux olympiques.

Côté public aussi, le concours reprend des forces

La participation de Patricia Kaas a créé la curiosité ainsi que l’espoir chez les Français. Les gens sont revenus voir, je pense qu’ils ont apprécié et qu’ils y ont repris goût. Par ailleurs, la politique de France Télévisions a été saluée par l’UER comme un effort de réhabilitation du concours, les Anglais aussi ont fait cet effort. On avait du retard à rattraper ! Mais on a enfin quitté le bottom 4. Désolé d’avoir laissé nos amis allemand et espagnol sur le chemin (rires).

Pour 2010, s’est-on fixé des critères : style musical, ballade ou chanson rythmée, voix masculine, féminine ou bien groupe ?

Ce sera une sélection interne avec, peut-être, une émission spéciale. Ca, c’est encore trop tôt pour le dire. L’interprète choisi sera très connu en France. C’est obligatoire pour l’audimat. Sinon, à part la popularité et le talent qui va avec évidemment, aucun critère n’a été donné. Mais il est clair qu’après Patricia, on ne peut pas se permettre de « descendre », donc ça limite le champ des possibilités. D’un point de vue personnel, je préférerais changer de style. Je voudrais qu'on puisse enfin danser sur la chanson française à l'Euroclub !

On a pu entendre des rumeurs indiquant le choix se porterait sur quelqu’un de connu et qui aurait déjà fait l’Eurovision ? Est-ce vrai ?

Les rumeurs sur Natasha St-Pier ? Non, ce ne sont que des rumeurs. Mais si elle lit cet article et qu'elle veut bien le faire, les portes lui sont ouvertes (rires).

Le concours Eurovision 2009 a été un succès d’audience. France 3 espère forcément faire aussi bien. Quels moyens se donne-t-on  pour 2010 ?

Logo France 3En termes de promotion, France Télévisions a fait une énorme campagne. Evidemment, plus le nom est populaire, plus la campagne doit être massive. On a quand même la satisfaction d’avoir vu la représentante française sur les chaînes concurrentes, M6 et TF1. On n’avait jamais vu ça avant. Ajoutez-y l’ouverture du 20 heures de France 2 ! C’est une grande fierté, un peu comme si c’était une finale de Coupe du Monde de football.

Avec le Danemark et Israël, la France est le pays dont la chanson a connu la plus grosse différence d’appréciation entre le télévote et le vote des jurys. Quel enseignement en tire-t-on ?

Des chansons d'une qualité indéniable ne sont pas forcément évidentes à la première écoute. Ca ne veut pas dire que le public a moins « bon goût » que le jury. Le public n’a que trois minutes et une seule écoute pour se décider. Mais je reste toujours sous le choc de la chanson allemande de 2007, par Roger Cicero : 18e au télévoting… et 4e avec les jurys.

Comment, d’après toi, faut-il faire encore évoluer le concours ?

Logo coeur FranceLes votes communautaires ont été atténués grâce aux nouvelles dispositions, la réintroduction du jury notamment, pour laquelle les Big 4 se battaient depuis 2 ou 3 ans.
Mais il y a encore des améliorations à faire. Je reste partisan d'un minimum d’identité nationale. Par exemple, pourquoi de 50% dans l’une des langues nationales. Je ne comprends toujours pas comment un pays comme la
Grèce peut envoyer une chanson aussi anonyme que celle de 2009 (je ne critique pas le chanteur). Je le dis d’autant plus directement que j’adore ce pays. En revanche, j’applaudis la Moldavie, l’Estonie et tous ceux qui ont chanté dans leur langue.

Concernant l’interprétation, il y a quelque chose que tu aimerais voir possible ?

Oui, j’aimerais qu’on puisse incorporer du live pour les instruments, pour qu’un chanteur souhaitant s’accompagner réellement au piano ou à la guitare puisse le faire. Idem pour un accompagnement au violon. Cela enlèverait son côté artificiel au show, ce serait plus vivant et très simple à mettre en place.

Que penses-tu de l’ouverture du télévoting ouvert dès le début des chansons ?

J’espère que ça ne faussera pas le résultat. Mes amis producteurs TV me disent que non. C’est un peu comme la première ou la dernière place face aux jurys, ça ne change rien. Enfin, ce qui est amusant, c’est qu’avant on se battait pour passer en dernier alors qu’on va peut-être se battre maintenant pour chanter en premier ! (rires)

Photo Patricia Kaas (Moscou)

As-tu des nouvelles de Patricia Kaas et comment vit-elle aujourd’hui, six mois plus tard, sa participation au concours ?

J'ai dîné avec elle récemment, elle est très heureuse, elle ne regrette rien. Bien au contraire. Elle est consciente que la chanson n’était pas formatée Eurovision. Si c'était à refaire, peut-être choisirait-elle une autre chanson. Je suis allé récemment en Norvège et quand je vois que, pour les gens qui ne la connaissait pas, elle reste inoubliable, je suis très fier.

On a parlé de grosse déception ?

C’est vrai qu’elle a été un peu déçue dans la semaine qui a suivi, comme un sportif qui rate son podium. Mais elle n’a pas dit de mal de l’Eurovision, elle ne crache pas dessus. J’ai été très choqué de ce qu'Alexander Rybak a dit du concours à posteriori. On ne mord pas la main qui te donne à manger !

Et pour toi, de la déception ?

En définitive non. Je me souviens, quand j’ai regardé les previews il y a quelques mois, j’ai senti le danger pour la chanson française notamment en écoutant celle de l’Estonie. Puis à l’écoute de la Norvège, là je me suis dit « On est mort » ! Il y a le sourire, l’attaque, la mélodie, puis tout le reste. Bon, maintenant, il ne faudrait pas que ça suffise d’être beau et dynamique pour gagner le concours ! Mais la chanson française n’est pas passée inaperçue, on en a fait presque fait un succès international. J’ai quand même un gros regret, celui de voir le jury belge ne rien donner à la chanson française ! Je ne m’en remets pas. Comme je n’ai toujours pas digéré le zéro point du Luxembourg pour Amina en 1991, alors qu’un point nous aurait suffi à l’emporter !

Entre deux concours, tu mènes ta carrière professionnelle. Elle a été très chargée cette année ?

Oui, puisque j’ai réalisé le casting de l’opéra rock Mozart, qui fait un carton en France. On a d’ailleurs pensé à la troupe pour le concours, mais ce n’était possible, en raison de leur planning. J’encourage les fans à écouter le disque ou, mieux, à aller voir le spectacle à Paris ou en province ensuite. Le metteur en scène est Olivier Dahan, à qui l’on doit « La môme » au cinéma. J’ai également dirigé le casting de « Cendrillon », une autre comédie musicale, donnée à Mogador. Et puis je réintègre le jury de « L’école des stars » sur Direct 8. Enfin, je travaille avec Christophe Barratier, le réalisateur des « Choristes » et de « Faubourg 36 », pour le casting d’un spectacle musical qu’il prépare autour des chansons de Joe Dassin. Je pense d’ailleurs que Joe Dassin aurait fait un excellent choix pour l’Eurovision. Je croise beaucoup d’artistes qui connu le succès dans les années 70 et 80 qui me confient qu’ils auraient bien voulu le faire, mais qu’ils ne sont pas lancés à cause du risque que cela représentait.

myspace + facebook = Bruno Berberes!

Retrouvez la version anglaise sur esctoday.com
 
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